fbpx

Blog

Interview avec Marline Côté, directrice de l’Ultra-Trail Harricana™

© 2020 Francis Gagnon / Ultra-Traill Harricana™ all rights reserved.

Peux-tu nous expliquer en quoi c’était important de maintenir cet événement même en accueillant que des coureurs locaux ?

 

Comme toute organisation, nous cherchons à nous adapter au contexte actuel, qui perdurera, rappelons-le, pour une durée encore indéterminée, ce qui nous oblige à penser à long terme. La société a repris son cours avec de nouvelles règles du jeu et nous croyons que les courses en sentier peuvent aussi avoir leur place sur ce nouvel échiquier social dans la mesure où les risques sont gérés le mieux possible. 

 

Dans la balance des pour et des contre, la volonté de créer du positif pour notre communauté (mais aussi dans la société de manière générale, de par les retombées économiques et sociales de la compétition), l’a emporté. Car la tenue d’un ultramarathon n’est pas qu’une course de quelques heures, c’est une cheminement de plusieurs mois, voire même un cheminement de plusieurs années pour certains. Nous savons que de nombreuses personnes se sont accrochées à cet objectif comme on perçoit une lumière au bout d’un tunnel, restant motivées, en forme, actives et en santé mentalement et physiquement pendant la pandémie. 

 

Nous avons aussi cette chance que les courses en sentier se déroulent à l’extérieur, où les risques sont beaucoup moindres que dans les lieux fermés. Nous avions donc confiance de pouvoir réussir à nous adapter. Mais surtout, nous avons eu la chance d’avoir la confiance et le soutien des autorités publiques et sanitaires. 

 

Ce qui est fascinant, c’est que nous n’avons jamais eu l’impression de nous acharner. Au contraire, nous avons simplement continuer d’avancer en nous adaptant le mieux possible, et le chemin s’est ouvert naturellement devant nous.

 

L’Ultra-Trail Harricana du Canada a donc été, à notre connaissance, le premier événement de course à pied d’envergure en sol québécois depuis le 13 mars. Nous espérons avoir fait la démonstration qu’il est possible de tenir des compétitions de course en sentier de façon sécuritaire dans le contexte du coronavirus et que d’autres pourront avoir cette opportunité après nous. Les prochains jours nous diront s’il y a eu propagation du COVID parmi les participants ou les bénévoles mais nous sommes confiants d’avoir géré les risques au meilleur de nos capacités…. À suivre…

 

 

Comment ça s’est déroulé sur place ? Comment le protocole sanitaire a-t-il été accueilli par les coureurs, les bénévoles, les membres de l’équipe ?

 

Nous avons eu le temps de réfléchir et de bien nous préparer pour cette édition spéciale. Nous avions un bon plan et de bonnes stratégies et celles-ci ont été communiquées abondamment auprès des coureurs et des bénévoles en amont de l’événement. Nous avons martelé les messages sur les médias sociaux, dans nos webinaires, nos guides, nos infolettres, etc. Les participants sont donc arrivés fortement sensibilisés et au fait des mesures mises en place. Je pense que ça nous a aidé à trouver un bel équilibre entre le plaisir et « les règles » en n’étant pas obligés de jouer à la police sans cesse sur place. Nous savions que nous pouvions faire confiance à nos athlètes, nos bénévoles et à notre équipe. Ils étaient tellement contents de vivre cette expérience unique avec nous qu’ils ont joué le jeu à la lettre. Tout le monde a bien respecté les mesures et certains ont même pris des initiatives supplémentaires pour que ça se déroule le mieux possible.

 

 

Peux-tu décrire l’ambiance sur le parcours et entre les coureurs ?

 

Si beaucoup de gens avaient des appréhensions face aux mesures, craignant par exemple des coupures de services, des ralentissements aux ravitaillements ou une ambiance froide et dénudée de chaleur humaine, je pense que tous auront été surpris de la façon dont ça s’est déroulé. Nous n’avons pas tellement coupé dans les services mais plutôt revu la façon de les offrir. Nous avions quand même un service de navettes, quand même des ravitos complets, quand même des équipes de soutien et des accompagnateurs à l’arrivée, quand même des médailles et un repas chaud d’après-course, etc. Sauf que les horaires avaient été revus pour éviter les rassemblements, le nombre d’athlètes était limité au maximum, le couvre-visage et le lavage des mains étaient obligatoires sur tous les sites, la distanciation devait être respectée, les surfaces étaient désinfectées fréquemment, etc.

 

Il y avait une telle fébrilité et magie dans l’air, comme si tout le monde n’en revenait pas d’être là et de vivre ce moment. L’ambiance était à son comble. Ça aura peut-être été notre plus belle édition de l’Ultra-Trail Harricana du Canada, du moins depuis que je suis directrice générale.

 

 

Quel message souhaiterais-tu faire passer à la communauté des trailers ?

 

C’est peut-être notre tempérament résilient, optimiste et persévérant, mais les ultramarathoniens ont cette volonté de continuer d’avancer malgré les grandes difficultés et de se rendre jusqu’à l’ultime limite avant d’abandonner. C’est une force incroyable qui peut contribuer à mettre en valeur et faire rayonner notre discipline dans le contexte particulier de la pandémie. Si je peux passer un message, ce serait de continuer à faire vivre et à partager la passion de la course en sentier et de persévérer dans la recherche d’adaptations, de solutions et de nouvelles initiatives. Nous avons le pouvoir de créer beaucoup de positif dans le contexte actuel. Tant de belles choses ont été mises en place au cours des derniers mois dans le milieu de la course en sentier et ce n’est certainement pas fini. 

Pour vous tenir informé des dernières mises à jour, continuez à consulter nos réseaux sociaux officiels sur Facebook, Instagram, et Twitter.



%d blogueurs aiment cette page :